Joint statement by international and regional human rights experts in the context of the continued arbitrary and prolonged detention of human rights defenders
Arbitrary detention remains one of the most common and cruel tools used by repressive authorities to silence those peacefully exercising the right to defend human rights and to dismantle civil society. This intentionally fosters a climate of fear, creating a profound deterrent effect that discourages the legitimate and essential work of activists, human rights defenders, as well as citizens seeking to organize, assemble and express themselves to hold the state accountable for adherence to the rule of law and human rights obligations. Human rights defenders are routinely subjected to trumped-up charges, unfair trials, and the misuse of anti-terrorism and national security laws, which flagrantly violate international human rights standards.
Recent years have seen the persistent use of prolonged pretrial detention and long-term imprisonment against human rights defenders, who are often held in inhumane and degrading conditions. Many face torture, ill-treatment and abuse, and some have died in prison while serving their sentences. In 2021, the report “States that deny the evidence: long-term deprivation of liberty of human rights defenders” (A/76/143) by the UN Special Rapporteur on the situation of human rights defenders documented the trend of imposing prison sentences of ten years or more. Since 2024, data collected by the SOS-Defenders platform on arbitrarily detained defenders around the world has confirmed the persistence and severity of prolonged detention as a growing global problem. In 2024 alone, SOS-Defenders documented 93 new cases of arbitrary detention of human rights defenders in 11 pilot countries.
During the same year, the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders (OMCT-FIDH) documented numerous cases of defenders serving sentences of 10 years or more around the world. To mention just a few: in Nicaragua, the life imprisonment imposed on indigenous activists Ignacio Celso Lino, Argüello Celso Lino, Donald Andrés Bruno Arcángel and Dionisio Robins Zacarías for defending the Mayangna ancestral territory; in Togo, the seven years of preventive detention and the 10-year sentence imposed on businessman and human rights defender Aziz Goma for having given refuge to young demonstrators; in Thailand, the five years of judicial harassment and the sentence of more than 29 years in prison against the pro-democracy activist Arnon Nampa; in Morocco, the fifteen years of detention of the Saharawi journalists El Bachir Khadda and Mohamed Lamin Haddi; in Belarus, the sentence of 14 years and nine months in prison against the human rights defender Marfa Rabkova of the “Viasna” Human Rights Center, after the 2020 presidential elections.
This misuse and abuse of power destroys lives, livelihoods, families and communities. It stifles and inhibits defenders from carrying out their legitimate and essential work, and discourages others from exercising the right to defend human rights. This is the case in Tunisia, where civil society and defenders are being persecuted by the authorities. Terre d’Asile Tunisie is one of many organisations whose work is being criminalised, with members Cherifa Riahi and Mohamed Joo being arbitrarily detained without trial since May 2024. Such reprisals clearly violate international human rights standards enshrined in the Universal Declaration of Human Rights, the UN Declaration on Human Rights Defenders, the International Covenant on Civil and Political Rights, the African Charter on Human and Peoples’ Rights, the American Convention on Human Rights, and often, the UN Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment.
Today, the undersigned regional and international human rights mechanisms and mandate holders, together with the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders, express our deep concern about the global trend of prolonged pretrial detention and long-term imprisonment of human rights defenders. We urge all States to take concrete measures to combat this situation.
Signatories:
Mary Lawlor, UN Special Rapporteur on the situation of human rights defenders
Gina Romero, UN Special Rapporteur on the rights to freedom of peaceful assembly and of association
Michel Forst, UN Special Rapporteur on Environmental Defenders under the Aarhus Convention
Prof. Rémy Ngoy Lumbu, African Commission on Human and Peoples’ Rights, Special Rapporteur on Human Rights Defenders, Focal Point on Reprisals and Focal Point on the Independence of the Judiciary in Africa
Roberta Clarke, Inter-American Commission on Human Rights and Rapporteur on Human Rights Defenders and Justice Operators
Déclaration conjointe d’experts internationaux et régionaux en droits humains dans le contexte de la détention arbitraire prolongée de défenseurs des droits humains
La détention arbitraire demeure l’un des outils les plus courants et les plus cruels utilisés par les autorités répressives pour réduire au silence celles et ceux qui exercent pacifiquement le droit de défendre les droits humains et pour démanteler la société civile. Cette pratique entretient délibérément un climat de peur, créant un fort effet dissuasif qui décourage le travail légitime et essentiel des activistes, des défenseurs des droits humains et des citoyens qui cherchent à s’organiser, se réunir et s’exprimer pour veiller à ce que l’État assume ses responsabilités en matière de respect de l’État de droit et des droits humains. Les défenseurs des droits humains sont systématiquement visés par des accusations fabriquées, des procès inéquitables et l’usage abusif de lois antiterroristes et de sécurité nationale, en flagrante violation du droit international et des normes en matière de droits humains.
Ces dernières années, l’usage de la détention préventive prolongée et de l’emprisonnement de longue durée contre les défenseurs des droits humains s’est poursuivi, ceux-ci étant souvent détenus dans des conditions punitives et inhumaines. Beaucoup subissent la torture, des mauvais traitements ou des abus, et certains sont morts en prison pendant l’exécution de leur peine. En 2021, le rapport « États dans le déni : la détention de longue durée des défenseurs des droits de l’homme » (A/76/143) de la Rapporteure spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains a documenté la tendance consistant à infliger des peines d’au moins dix ans. Depuis 2024, les données recueillies par la plateforme SOS-Defenders sur les défenseurs détenus arbitrairement dans le monde ont confirmé la persistance et la gravité de la détention de longue durée comme préoccupation globale croissante. Rien qu’en 2024, SOS-Defenders a documenté 93 nouveaux cas de détention arbitraire de défenseurs des droits humains dans 11 pays pilotes.
Au cours de la même année, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (OMCT-FIDH) a documenté de nombreux cas de défenseurs purgeant des peines de 10 ans ou plus dans le monde. Pour n’en citer que quelques-uns : au Nicaragua, la condamnation à perpétuité prononcée contre les activistes autochtones Ignacio Celso Lino, Argüello Celso Lino, Donald Andrés Bruno Arcángel et Dionisio Robins Zacarías pour avoir défendu le territoire ancestral Mayangna ; au Togo, les sept ans de détention préventive et la peine de 10 ans imposée à l’homme d’affaires et défenseur des droits humains Aziz Goma pour avoir offert un refuge à de jeunes manifestants ; en Thaïlande, cinq ans de harcèlement judiciaire et une condamnation à plus de 29 ans de prison contre l’activiste pro-démocratie Arnon Nampa ; au Maroc, les quinze ans de détention infligés aux journalistes sahraouis El Bachir Khadda et Mohamed Lamin Haddi ; en Biélorussie, la condamnation à 14 ans et neuf mois de prison de la défenseure des droits humains Marfa Rabkova, du Centre des droits humains « Viasna », à la suite de l’élection présidentielle de 2020.
Cette utilisation abusive du pouvoir détruit des vies, des moyens de subsistance, des familles et des communautés. Elle réprime et empêche les défenseurs des droits humains de mener leur travail légitime et essentiel, et décourage d’autres personnes d’exercer le droit de défendre les droits humains. C’est le cas en Tunisie, où la société civile et les défenseurs sont ciblés par les autorités. Terre d’Asile Tunisie est l’une des nombreuses organisations dont le travail est criminalisé, et dont les membres Cherifa Riahi et Mohamed Joo sont détenus arbitrairement sans procès depuis mai 2024. De telles représailles violent clairement les normes internationales des droits humains consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Déclaration sur les défenseurs des droits humains, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, Convention américaine relative aux droits de l’homme, et souvent, la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Aujourd’hui, les mécanismes régionaux et internationaux des droits humains et les titulaires de mandats signataires, conjointement avec l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, expriment leur profonde préoccupation face à la tendance mondiale à la détention préventive prolongée et à l’emprisonnement à long terme des défenseurs des droits humains. Nous exhortons tous les États à prendre des mesures concrètes pour y mettre fin.
Signataires:
Mary Lawlor, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains
Gina Romero, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de réunion pacifique et d’association
Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement dans le cadre de la Convention d’Aarhus
Prof. Rémy Ngoy Lumbu, Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits humains, Point focal sur les représailles et Point focal sur l’indépendance du pouvoir judiciaire en Afrique
Roberta Clarke, Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, Rapporteuse sur les défenseurs des droits humains et les opérateurs judiciaires
Declaración conjunta de expertos internacionales y regionales en derechos humanos en el contexto de la continua detención arbitraria y prolongada de personas defensoras de derechos humanos
La detención arbitraria sigue siendo una de las herramientas más comunes y crueles utilizadas por autoridades que ejercen prácticas represivas para silenciar a quienes ejercen pacíficamente el derecho a defender los derechos humanos y para desmantelar a la sociedad civil. Esto intencionalmente fomenta deliberadamente un clima de miedo, creando un profundo efecto disuasorio que desalienta el trabajo legítimo y esencial de activistas, defensores y defensoras de derechos humanos, así como de la ciudadanía que busca organizarse, reunirse y expresarse, para que el Estado rinda cuentas frente al cumplimiento del Estado de derecho y las obligaciones de derechos humanos. Las personas defensoras de derechos humanos son sistemáticamente objeto de cargos fabricados, juicios injustos y del uso indebido de leyes antiterroristas y de seguridad nacional, que violan flagrantemente las normas internacionales de derechos humanos.
En los últimos años se ha observado el uso persistente de la detención preventiva prolongada y del encarcelamiento de larga duración contra personas defensoras de derechos humanos, que a menudo son mantenidas en condiciones abusivas y degradantes. Muchas enfrentan torturas, malos tratos y abusos, y algunas han muerto en prisión mientras cumplían sus condenas. En 2021, el informe “Estados en negación: la detención a largo plazo de los defensores de derechos humanos” (A/76/143) de la Relatora Especial de la ONU sobre la situación de los defensores de derechos humanos documentó la tendencia a imponer penas de prisión de diez años o más. Desde 2024, los datos recopilados por la plataforma SOS-Defenders sobre defensores detenidos arbitrariamente en todo el mundo han confirmado la persistencia y gravedad de la detención prolongada como un problema global en aumento. Solo en 2024, SOS-Defenders documentó 93 nuevos casos de detención arbitraria de defensores de derechos humanos en 11 países piloto.
Durante el mismo año, el Observatorio para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos (OMCT-FIDH) documentó numerosos casos de defensores que cumplen condenas de 10 años o más en todo el mundo. Por mencionar solo algunos: en Nicaragua, la cadena perpetua impuesta a los activistas indígenas Ignacio Celso Lino, Argüello Celso Lino, Donald Andrés Bruno Arcángel y Dionisio Robins Zacarías por defender el territorio ancestral Mayangna; en Togo, los siete años de detención preventiva y la condena de 10 años impuesta al empresario y defensor de derechos humanos Aziz Goma por haber dado refugio a jóvenes manifestantes; en Tailandia, los cinco años de hostigamiento judicial y la sentencia de más de 29 años de prisión contra el activista prodemocracia Arnon Nampa; en Marruecos, los quince años de detención de los periodistas saharauis El Bachir Khadda y Mohamed Lamin Haddi; en Bielorrusia, la condena a 14 años y nueve meses de prisión contra la defensora de derechos humanos Marfa Rabkova, del Centro de Derechos Humanos “Viasna”, tras las elecciones presidenciales de 2020.
Este abuso de poder destruye vidas, modos de vidas, familias y comunidades. Fomenta un clima de miedo que impide a las personas defensoras realizar su labor legítima y esencial, y disuade a otras de ejercer el derecho a defender los derechos humanos. Este es el caso de Túnez, donde la sociedad civil y los defensores están siendo perseguidos por las autoridades. Terre d’Asile Tunisie es una de las muchas organizaciones cuyo trabajo está siendo criminalizado, y cuyos miembros Cherifa Riahi y Mohamed Joo permanecen detenidos arbitrariamente sin juicio desde mayo de 2024. Tales represalias violan claramente las normas internacionales de derechos humanos consagradas en la Declaración Universal de Derechos Humanos, la Declaración de la ONU sobre los Defensores de Derechos Humanos, el Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos, la Carta Africana de Derechos Humanos y de los Pueblos, Convención Americana de Derechos Humanos y, a menudo, la Convención de la ONU contra la Tortura y Otros Tratos o Penas Crueles, Inhumanos o Degradantes.
Hoy, los mecanismos y titulares de mandatos regionales e internacionales de derechos humanos firmantes, junto con el Observatorio para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos, expresamos nuestra profunda preocupación por la tendencia mundial de la detención preventiva prolongada y el encarcelamiento de larga duración de personas defensoras de derechos humanos. Instamos a todos los Estados a tomar medidas concretas para combatir esta situación.
Firmantes:
Mary Lawlor, Relatora Especial de la ONU sobre la situación de los defensores de derechos humanos
Gina Romero, Relatora Especial de la ONU sobre los derechos a la libertad de reunión pacífica y de asociación
Michel Forst, Relator Especial de la ONU sobre los Defensores Ambientales en el marco del Convenio de Aarhus
Prof. Rémy Ngoy Lumbu, Comisión Africana de Derechos Humanos y de los Pueblos, Relator Especial sobre Defensores de Derechos Humanos, Punto Focal sobre Represalias y Punto Focal sobre la Independencia del Poder Judicial en África
Roberta Clarke, Comisión Interamericana de Derechos Humanos y Relatora Especial sobre los defensores de los derechos humanos y los operadores de justicia