RDC : des experts de l’ONU mettent en garde contre les violences extrêmes commises par le M23 à l’encontre des défenseurs des droits humains
GENÈVE (26 février 2026) – Des experts des Nations Unies* ont condamné aujourd’hui les violences extrêmes commises à l’encontre des défenseurs des droits humains par le groupe armé Mouvement du 23 mars (M23) dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.
« Nous sommes horrifiés par la gravité et la brutalité des exactions commises à l’encontre des défenseurs des droits humains et de leurs familles », ont déclaré les experts.
« Nous avons reçu des allégations de tentatives d’assassinat, d’enlèvements répétés, de torture, de violences sexuelles et de menaces de mort perpétrés par le M23, visant ceux et celles qui documentent pacifiquement des violations, soutiennent leurs communautés et dénoncent des exactions. »
Entre novembre 2025 et février 2026, plusieurs défenseurs des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu auraient été pris pour cible par des membres et des partisans du M23, en lien direct avec leur travail en faveur des droits humains.
Deux femmes défenseuses des droits humains qui manifestaient contre les expulsions forcées de civils dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, auraient été enlevées et torturées par des militants du M23. Elles seraient toujours portées disparues. Une défenseuse œuvrant pour les droits des personnes LGBT aurait été enlevée à plusieurs reprises, gravement torturée et continuerait d’être activement recherchée.
Dans un autre cas, un défenseur des droits humains aurait fait l’objet de menaces de mort et été contraint d’entrer dans la clandestinité. Des hommes armés auraient fait irruption à son domicile, enlevé et violemment agressé son épouse afin de la forcer à révéler où il se trouvait. Un jeune défenseur des droits humains de Goma, dans le Nord-Kivu, aurait également été menacé et contraint d’entrer dans la clandestinité après avoir publié des articles sur les massacres de civils dans les zones contrôlées par le M23.
« Les défenseurs des droits humains actifs dans les provinces du Kivu paient un lourd tribut », ont déclaré les experts. « Celles et ceux qui osent dénoncer les abus commis par le M23 sont délibérément pris pour cible. Les femmes défenseuses des droits humains et les défenseurs des droits LGBT, déjà victimes de stigmatisation et de discrimination, sont exposés à un risque élevé de violences sexuelles et de torture. »
« Le M23 doit immédiatement cesser de prendre pour cible les défenseurs des droits humains et les civils. Le cessez-le-feu doit être pleinement respecté, et non pas entaché par de telles intimidations et persécutions », ont ajouté les experts.
Les experts ont souligné que, bien que les violations signalées soient attribuées au M23, l’État conserve l’obligation, en vertu du droit international des droits de l’homme, de protéger les personnes relevant de sa juridiction.
« Même lorsque les violations sont commises par des groupes armés non étatiques, l’État a l’obligation claire d’exercer une diligence raisonnable pour prévenir, enquêter, sanctionner ces actes et garantir des réparations » ont déclaré les experts. « Nous appellons les autorités à garantir des enquêtes rapides et impartiales sur toutes ces allégations, à fournir une protection et un soutien médical et psychosocial adéquat aux victimes et à leurs familles, et à prendre des dispositions concrètes pour garantir que les défenseurs des droits humains dans l’est de la RDC puissent mener à bien leur travail en toute sécurité et sans crainte. »
« Les défenseurs des droits humains ne sont pas des combattants. Ce ne sont pas des ennemis, mais des acteurs essentiels de la justice, de la responsabilité et de la paix », ont déclaré les experts. « Lorsqu’ils sont réduits au silence par la peur et le recours à la brutalité, les perspectives d’une paix durable dans l’est de la RDC se font de plus en plus lointaines. »
Les experts sont en contact avec le Gouvernement au sujet de cette situation.
FIN
*Les experts :
- Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme
- Graeme Reid, Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre
- Irene Khan, Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression
- Gina Romero, Rapporteuse spéciale sur le droit de réunion pacifique et la liberté d’association
- Alice Jill Edwards, Rapporteuse spéciale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
- Claudia Flores (présidente), Ivana Krstić (vice-présidente), Dorothy Estrada Tanck, Haina Lu, et Laura Nyirinkindi, Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles
DRC: UN experts warn of extreme M23 violence targeting human rights defenders
GENEVA (26 February 2026) – UN experts* today condemned the extreme violence committed against human rights defenders by the M23 armed group in the North and South Kivu provinces, in eastern DRC.
“We are horrified by the gravity and brutality of the abuse committed against human rights defenders and their families,” the experts said.
“There are allegations of attempted killings, repeated kidnappings, torture, sexual violence and death threats at the hands of M23, targeting those peacefully documenting abuses, supporting their communities and speaking out against violations.”
Between November 2025 and February 2026, several human rights defenders in North and South Kivu were reportedly targeted by members of M23 and their collaborators, in direct connection with their human rights work.
Two women human rights defenders protesting forced expulsions of civilians in Uvira, South Kivu, were reportedly abducted and tortured by M23 elements. Their fate and whereabouts remain unknown. One woman human rights defender working on LGBT rights was abducted multiple times, severely tortured and continues to be aggressively pursued.
In another case, a human rights defender was subjected to death threats and forced into hiding. Armed men allegedly raided his home, abducted and violently assaulted his spouse in an effort to force her to reveal his whereabouts. A young human rights defender from Goma, in North Kivu, was also reportedly threatened and forced into hiding following his public writings about killings of civilians in M23-controlled areas.
“Human rights defenders operating in the Kivu provinces are paying an unbearable price,” the experts said. “Those who dare to denounce abuses by M23 are being deliberately targeted. Women human rights defenders and LGBT rights defenders, who already face stigma and discrimination, are at acute risk of sexual violence and torture.”
“M23 must immediately stop targeting human rights defenders and civilians. The ceasefire must be fully respected and not undermined by ongoing intimidation and persecution,” they added.
The experts stressed that while the reported violations are attributed to M23 members, the State retains the obligation under international human rights law to protect individuals within its jurisdiction.
“Even where violations are committed by non-State armed groups, the State has a clear obligation to exercise due diligence to prevent, investigate, punish and redress such acts,” the experts said.
“We call on the authorities to ensure prompt and impartial investigations into all allegations, to provide protection and adequate medical and psychosocial support to survivors and their families and to take meaningful steps to guarantee that human rights defenders in eastern DRC can carry out their work safely and without fear.”
“Human rights defenders are not combatants. They are not enemies, but vital actors for justice, accountability and peace,” the experts said. “When they are silenced through fear and brutality, the prospects for lasting peace in eastern DRC grow ever more distant.”
The experts are in contact with the Government on this issue.
ENDS
*The experts:
- Mary Lawlor, Special Rapporteur on the situation of human rights defenders
- Graeme Reid, Independent Expert on protection against violence and discrimination based on sexual orientation and gender identity
- Irene Khan, Special Rapporteur on the promotion and protection of the right to freedom of opinion and expression
- Gina Romero, Special Rapporteur on the rights to freedom of peaceful assembly and of association
- Alice Jill Edwards, Special Rapporteur on torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment
- Claudia Flores (Chair), Ivana Krstić (Vice-Chair), Dorothy Estrada Tanck, Haina Lu, and Laura Nyirinkindi, Working Group on discrimination against women and girls